samedi 23 janvier 2016

"PULCINELLA" SUR LA MUSIQUE D' IGOR STRAVINSKY




                 " PULCINELLA"


Musique d' Igor Stravinsky 
             (En hommage à J.B Pérgolése)

Interprétée par le TRIO "QUINTES ET SENS"


Poèmes de Lydie Coste


Marionnettes de Marie Coste 
 Inspirées de la Commedia dell' Arte














Je me présente: IGOR STRAVINSKY
compositeur russe en voyage à Naples en 1920
Mon projet est de créer un ballet pour la compagnie de Mr Diaghilev sur l'histoire du célèbre Polichinelle italien:
                      PULCINELLA
Héros de la commedia del arte ou tous ses compagnons tels que Arlequin , Brighella,le capitaine Matamore , Scaramouche tentent de toutes les manières de séduire leurs belles entre deux menuets et malgré les querelles !
Pour composer cette suite musicale je me suis inspiré du passé en me plongeant dans les partitions de Pergolèse notre maitre de musique occupé à son lutrin
Dans chacun des mouvements joué pour vous ce soir par le "TRIO QUINTES ET SENS" chaque marionnette est prête à tirer les fils de toutes sortes d'intrigues....
Alors maintenant que le spectacle commence...








PULCINELLA






Sorti des entrailles de l'Etna
Dans son habit blanc de soie fine
Pulcinella lève les bras
Pour tenir la lune opaline
Comme un chapeau bien rebondi
Qui digère les moindres lueurs
Des sérénades d'Italie
Qui ont fait chanceler son coeur
Pulcinella ne t'en va pas!
Tiens -toi au bas de nos maisons
Pour entonner ces belles chansons
Qui nous éloignent du trépas


( OUVERTURE) sinfonia





  • PIERROT ET COLOMBINE










Pierrot n'a pas pu la garder
La tendre colombine blonde
Le long de ses cheveux de blé
Chante, chante la blanche colombe

Pierrot n'a pas su retenir
Ses petits pieds perlés de roses
Sur le chemin du repentir 
Colombine pense à autre chose

Toujours elle court sans se soucier
Loin des lunes pâles et des baisers
Du pauvre pierrot amoureux
Une larme noire au coin des yeux
             ( SERENATA)



  • PANTALONE . ISABELLA . LELIO .


 LE DOCTEUR


" PANTALONE"



" ISABELLA"



"LELIO"

"

" LE DOCTEUR"




Pantalone a une fille 
Qu'il doit marier sans plus tarder
A un médecin de pacotille
Qui attend depuis trop d'années

Isabella la belle enfant

N'a pas besoin d'autres amants
Que son charmant Lélio qu'elle cache
Derrière ses boucles et son panache

Mais Pantalone ce vieil avare

Ne sait pas que sa fille prend
Tous les bijoux dans le tiroir
Pour payer son jeune galant !


             ( SCHERZINO...)


  • ARLEQUIN ET ARLEQUINE


Ses yeux bleus tournent et font mouche
Ses yeux ronds se mettent à lancer
A son âme soeur si peu farouche
Les éclats les plus bariolés

Ce sont les éclats de sa vie

Qui tombent là pèle -mêle
Et qui doucement s'emmêlent
A la robe de sa belle amie

Arlequin adore Arlequine

Car il faut bien se retrouver
Sur sa propre image qui fascine
A force de se retourner


( TARANTELLA)


  • BRIGHELLA






Tout comme l'Arlequin de Bergame
Brighella trame ses manigances
Pour marier au plus vite les dames
Avec ceux qui n'ont pas la chance
D'avoir rencontré l'amour
Qui ne leur a jamais souri
Gardant leur coffre fort sourd
A tous les pauvres qui supplient

Brighella arrange les heures
Des rencontres cachées la nuit
Pour habiller de blanc la peur,
De se retrouver dans l'oubli.


  • LE MAÎTRE DE MUSIQUE ET FIORINETTA



Le Maître les bras grands ouverts
A sa muse au long manteau vert
Voudrait porter la note haut
Bien plus haut que tous les oiseaux
Qui peuplent la robe de l'élue
Qui passe loin de lui si fière
Fiorinette aurait-elle prévu
De ne jamais se laisser faire?
Le vieux musicien fatigué
Redouble, redouble de labeur
Au pied de la dame masquée
Dont la jeunesse n'a pas de coeur

( GAVOTTA...)


  • POLICHINELLE






Ses secrets, le polichinelle
Les tient au bout de son chapeau
Et derrière son sourire de miel
Le polichinelle fait le beau

Ses bosses comme des croissants de lune
Brillant sous son regard de verre
Nous rappellent que chacun , chacune
Peut tourner sa vie à l'envers

Polichinelle porte chance
Parce que dans sa difformité
Il garderait des ailes d'ange
Qui n'se seraient pas dépliées...



  • MÈRE GIGOGNE




Sous la cloche de sa grande robe

Brodée de galons,de jupons

La mère de tous, mère gigogne

Ramène à elle tous ses fripons



Du plus grand jusqu'au plus petit

Les enfants de notre matrone

Se protègent parmi tous les plis

Qui dodelinent et qui frissonnent



Les yeux fixes, le nez en trompette

Mère gigogne nous toise de haut

Pour contrarier ceux qui répètent

Que l'amour ne fait pas d'cadeaux


                 ( VIVO)


  • SCARAMOUCHE






Sur sa mandoline qui frémit
Devant son grand-père Matamore
Sur le bleu sombre de son habit
Scaramouche fait sonner l'accord

Il évente le vieillard sans dents
A force de gratter sans cesse
Sur le manche de son instrument
Les souvenirs de ses prouesses

Sans prévenir soudain l'athlète
Donne un soufflet avec son pied
Montant au dessus de sa tète
La pointe même de son soulier!


  • LE CAPITAINE MATAMORE




Pris dans le feu de sa moustache
Le capitaine Matamore
Sort du fourreau les mots qui fâchent
A la face même de la mort!

Son coeur breloque à fendre l'âme
Son bras gigote à mille à l'heure
Son épée pointe,tire et s'enflamme
Comme une machine à vapeur

Mais lorsque se promène tranquille
La petite araignée du soir
Il se prend les pieds dans les fils
Et s'écroule tremblant dans le noir













                           ( MENUET ET FINAL)

                         


  •              ROSETTA











Ses innombrables fleurs
 nagent
Parmi les boutons au repos
Bien au milieu de son corsage
Jusqu'à la moue d'une bouche en "o"
Ses cheveux d'ébène en bataille
Surplombent deux jolis yeux narquois
La danse de leurs boucles en maille
Fait travailler ses petits doigts 
La dentelle prend la teinte noire
Autour des poignets délicats
De la seule araignée du soir
Qui tisse son fil de haut en bas
Et pourtant aucune nouvelle
N'avait prévu que Rosetta
Ouvre sa robe jusqu'au ciel
Pour que Philaé s'y assoit!

 

  • LE MÉDECIN DE LA PESTE







      Il est là pour nous protéger
      De la terrible épidémie
      A l'ombre de son immense nez
      L'homme oiseau se glisse sans bruit
      Et jusqu'au bas de sa fourrure
      Son manteau triste de carême
      Balaie le sol, frôle les murs
      Laissant s'agiter souveraines
      Deux mains gantées aux doigts pointus
      Qui chassent les rats de la rue
      Et le bon corbin de la peste
      Vole au secours du temps qui reste


      • LA SORCIÈRE DE SATIN

      Il y a toujours une vieille fée
      Qui finit le jeu des amours
      Lorsque les poupées sont couchées
      Elle vient dans la rosée du jour
      Pour reprendre d'un coup de baguette
      Le fil du vent qui s'est perdu
      Dans les fils des marionnettes
       Gisant là sur le sol nu
      Il y a toujours une sorcière
      Qui commence à bien prendre soin
      Des âmes à l'aube des rivières
      qui ruissellent sur le satin

                   

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